07 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

« L’Hystérique » ou les mots qui rendent folles

Ce soir, j’ai lu cet article en ligne de MinutesNews classé dans la délicate rubrique « Faits Divers ». Il s’agit d’un effroyable événement qui s’est passé aujourd’hui, à Paris. Alberto vous l’explique. Je vous réexplique.

Un homme est soumis à une interdiction judiciaire d’approcher son ex-femme et leurs trois enfants, car leur fille de seize ans a déclaré à la justice que son père l’a violée. Celui-ci transgresse cette interdiction en s’imposant à l’intérieur du domicile de son ex-femme en présence de sa mère et des enfants, y compris la plaignante mineure de viol incestueux.

Forcément, l’irruption terrifiante de cet homme violent ne se fait pas dans la plus grande des sérénités. La mère s’interpose afin de contrer cette intrusion.

Comment la presse (représentée par Alberto, en l’occurrence) qualifie-t-elle cette effraction, qui plus est illégale ? Évidemment, c’est « une dispute ». Vous savez, le truc où il faut être deux pour le faire, comme le dit le dicton… et donc comme on y participe à égalité, il faut reconnaître ses torts de chaque côté.

Pourtant, l’homme passe de l’intrusion à l’agression : il tente purement et simplement de tuer son ex-femme devant sa mère et leurs trois enfants, par étranglement. Dans un geste de défense, pour sauver sa vie, la femme répond à cette tentative de meurtre en attrapant un couteau et en en frappant son agresseur.

Mais comment donc va le formuler le journaliste qui couvre l’affaire ? « Mais cette dernière, également sous l’emprise de l’alcool, s’est saisie d’un couteau de cuisine. Elle l’a violemment poignardé au thorax. Arrivés sur place, les secours n’ont pu que constater la mort du quinquagénaire. »

Vous l’entendez aussi, le « elle est malsaine, elle est violente, cette meurtrière qui ose larder de coups ce pauvre homme » ? Notez aussi que les secours viennent tenter de sauver l’homme, pas le reste de la famille que l’homme attaque, et encore moins la victime de l’étranglement qui a dû seule se défendre pour assurer sa survie et protéger ses enfants.

Pour couronner le tout… devinez qui la presse traite d’« hystérique » ?

Mais si, vous avez bien lu : une mère qui a pris le parti de sa fille violée par son père, qui a alors dû se défendre d’une tentative de meurtre de sa part dont l’issue en a été la mort, non préméditée, de l’agresseur, et qui, effondrée, tente désespérément de déculpabiliser sa fille de cette issue fatale en lui répétant « Ce n’est pas ta faute, c’est moi qui l’ai tué », baaaah… c’est une hystérique !

…Non ?

C’est ce récit qui est à rendre fou. À rendre folle.

Les mots comptent. Ils veulent dire des choses. Ils signifient.

C’est eux qui définissent et influencent notre perception de la réalité.

Ils la révèlent ou la distordent.

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